POUR SEPTEMBRE 2009
Avignon, en occitan provençal Avinhon selon la norme classique ou Avignoun selon la norme mistralienne est une ville du Sud de la France, qui s'étend sur la rive gauche du Rhône. Sur les 90 800 habitants que compte la ville, 12 000 demeurent intra-muros.
Surnommée la « cité des papes » en raison de l’installation des papes de 1309 à 1423, qui conservèrent des États (Comtat Venaissin) dans le sud de la France jusqu’à la Révolution, elle est actuellement la plus grande ville et chef-lieu du département de Vaucluse.
Ses habitants sont appelés les Avignonnais.
Localisation
Avignon se situe au confluent du Rhône et de la Durance, et de ce fait, est limitrophe à l'ouest du département du Gard, avec les communes de Villeneuve-les-Avignon et les Angles, et au sud des Bouches-du-Rhône et des communes de Barbentane, Rognonas, Châteaurenard et Noves.
La ville se situe à proximité d’Orange (au nord), de Nîmes ou encore de Montpellier (au sud-ouest), d’Arles (au sud) et de Salon de Provence et Marseille (au sud-est).
A l'est et au nord, les communes de Caumont-sur-Durance, Morières-lès-Avignon, Le Pontet et Sorgues
Accès et transports
Avignon est à proximité de deux autoroutes. L'autoroute A7 (E714), selon un axe nord-sud, sur lequel existe deux sorties : "Avignon nord" et "Avignon sud". L'autoroute A9 (E15) qui se débranche à proximité d'Orange de l'A7 pour se diriger, selon un axe nord-est sud-ouest, vers l'Espagne.
Les routes principales sont la route nationale 100 qui part, à l'ouest sur Villeneuve-lès-Avignon, à l'est vers l' Isle-sur-Sorgue et la route nationale 7 qui vient de l'est, puis bifurque au nord en voie rapide et rejoint la route départementale 225.
Avignon est desservi par deux gares. L' une en centre-ville, face aux remparts, qui est la gare historique et qui peut accueillir tout type de train, l'autre à l'extérieur, dans la zone de "Courtine" au sud de la ville, gare TGV datant de 2001.
L'aéroport d'Avignon - Caumont est en bord de commune et propose 10 lignes directes dont 4 vols par jour à destination de Paris. Environs 100 000 passagers par an transitent par cet aéroport.
La ville propose sept parkings payants surveillés et met à disposition gracieuse deux parkings relais surveillés d'une capacité de 1 200 places de stationnement ( avec des navettes gratuites direction centre ville ).
Avignon compte également 110 kilomètres de pistes cyclables [1] .
Le Rhône représente aussi depuis de nombreux siècles un moyen de transport important pour la ville. Le trafic fluvial à Avignon bénéficie de deux ports marchands, de stations d'accueil pour des bateaux-croisières et de divers aménagements des berges. Une navette fluviale gratuite a été mise en place.
Géologie et relief
La région dans laquelle se situe Avignon est très riche en pierre calcaire et a permis de nombreuses constructions. Par exemple, Les remparts actuels, qui mesurent tout de même 4 330 mètres de long, ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre très abondante dans la région que l’on appelle « molasse burdigalienne ».
Sur la commune d'Avignon, à l’abri des remparts, le rocher des Doms est une importante élévation calcaire de type urgonien. Les massifs calcaires sont très présents autour de la commune (Massif des Angles, Villeneuve-lès-Avignon, les Alpilles, etc.) et résultent en partie de l’océanisation du bassin liguro-provençal consécutive à la migration du bloc Sardo-corse.
L'autre élévation importante de la commune d'Avignon est la colline de Montfavet, une colline boisée à l'est de la commune.
La présence de failles dans ces calcaires montrent qu'un important travail tectonique a provoqué des séismes dans les différents âges géologiques. Le dernier tremblement de terre de magnitude importante a eu lieu le 11 juin 1909 [2] . Il a laissé une trace toujours visible dans le centre de la ville, puisque le clocher des Grands Augustins, près de la place des Carmes, est resté légèrement penché à la suite de ce tremblement de terre.
La vallée du Rhône présente une zone d'alluvions anciennes : un dépôt meuble y couvre une grande partie du sol. Il se compose d'un limon sablonneux plus ou moins coloré de galets provenant principalement de roches siliceuses. Les îles du Rhône, dont l'île de la Barthelasse, sont nées de l'accumulation des dépôts alluvionnaires et du travail des hommes. Le relief y est donc assez faible malgré la création de buttes permettant aux locaux de se protéger en cas de forte montée des eaux (inondations).
Dans les terres qui se situent autour de la ville on peut noter la présence d’argile, limon, sable et calcaire [3] .
Hydrographie
Le pont d'Avignon sur le Rhône. Au fond, le Mont Ventoux.
Le Rhône passe en bordure ouest de la commune mais est divisé en deux bras : On parle de « Petit Rhône », ou « bras mort » pour la partie est qui touche Avignon et « Grand Rhône » ou « bras vif » pour la partie ouest, celle qui touche Villeneuve-les-Avignon dans le département du Gard, entre les deux, un chapelet d'îles dont la plus grande est l'Île de la Barthelasse. En parallèle au Rhône, un canal a été créé.
Les bords du Rhône et l'Île de la Barthelasse peuvent être sujets aux inondations durant l'automne et le mois de mars. Les inondations en France depuis le VI e siècle jusqu'à nos jours - recherches et documents [4] de Maurice Champion relate un certain nombre d'entre elles (jusqu'en 1862), mais elles n'ont jamais vraiment cessées comme le montre les inondations de 1943-1944 [5] ou encore janvier 1955 [6] , et sont encore importantes de nos jours comme le montre les inondations du 2 décembre 2003 [7] . C'est pourquoi, une nouvelle cartographie du risque a été élaborée. [8]
La Durance, qui s'écoule en limite sud de la commune, vient se jeter dans le Rhône et marque aussitôt la limite avec les Bouches du Rhône.
Plusieurs plans d'eau naturels ou artificiels comme le lac de Saint-Chamand à l'est de la ville.
Climat
Le climat est de type méditerranéen et se caractérise par des étés plutôt chauds et secs et des hivers doux.
Les températures moyennes oscillent entre 0 et 30° selon la saison. Le record de température depuis l'existence de la station de l'INRA est de 40,5°C lors de la canicule européenne de 2003 le 5 août et -12,8°C le 5 janvier 1985. Les relevés météorologiques ont lieu à l'agroparc d'Avignon.
Le vent qui est principalement le Mistral, peut souffler au delà des 120 km/h. Il souffle entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne [réf. nécessaire] .
Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à 2,5 litres par mètres carrés est de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de 660 litres par mètre carré. [9]
Préhistoire
Ce site fut occupé dès le néolithique comme l'ont prouvé les chantiers de fouille du rocher des Doms et du quartier de la Balance [10] .
En 1960 et 1961, des fouilles dans la partie nord du rocher des Doms dirigées par Sylvain Gagnière ont mis à jour une petite stèle anthropomorphe (hauteur : 20 cm) qui fut trouvée dans une zone de terre remaniée [11] . Sculptée dans de la molasse burdigalienne, elle a la forme d'une « stèle funéraire » avec sa face gravée d'une figure humaine très stylisée et sans bouche dont les yeux sont marqués par des cupules. Sur la partie inférieure, décalée légèrement sur la droite, a été creusée une cupule profonde d'où partent huit traits formant une représentation solaire, découverte unique sur ce type de stèle.
Par comparaison avec des figurations solaires identiques [12] , cette stèle représentant le « premier avignonnais » a été classée dans une période s'étalant entre l'âge du cuivre et le bronze ancien qui correspond au chalcolithique méridional [13] .
Cela a été confirmé par les trouvailles faites dans ce déblai, situé près du grand réservoir d'eau sommant le rocher, où ont été mis à jour deux haches polies en roche verte, une industrie lithique caractéristique des « pasteurs des plateaux », quelques objets de parures chalcolithiques et une grand abondance de tessons de poterie hallstattienne indigène ou importée (ionienne et phocéenne).
Antiquité
Article détaillé avenio.
Le nom de la ville remonte aux environs du VI e siècle av. J.-C.. La première citation d'Avignon (Aouen(n)ion) a été faite par Artémidore d'Éphèse. Si son ouvrage, « La Périple », est perdu, il est connu par l'abrégé qu'en fit Marcien d'Héraclée et « Les Ethniques », dictionnaire des noms des villes que fit Étienne de Byzance en se basant sur cet écrit [14] . Il y indique :
« Ville de Massalia (Marseille), près du Rhône, le nom ethnique (le nom des habitants) est Avenionsios (Avenionensis) selon la dénomination locale (en latin) et Auenionitès selon l'expression grecque. »
Ce toponyme a deux interprétations : ville du vent violent ou encore seigneur du fleuve. D’autres sources font remonter son origine au gaulois mignon (marais) et de l’article celtique défini. [15]
Stèle grecque en provenance d'Avignon, Musée lapidaire
Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C., c'est au cours du IV e siècle av. J.-C. que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon.
C'est probablement de cette période que date l'une des rares inscriptions puniques connues en France [16] . En 1897, des fouilles au quartier Champfleury, ont permis de découvrir à quatre mètres de profondeur, gravée sur du schiste ardoisé, une stèle funéraire sans doute été réalisée sur place, ce matériau étant inconnu à Carthage. Déposée au musée Borély de Marseille, elle a été traduite par Mayer Lambert.
« Tombeau de Zayqebat, la prêtresse de la Grande Dame… fille de…
Abdechmoun, fils de Baaljaton, fils de Abdechmoun, femme de Baalhanno, fonctionnaire des dieux, fils de Abdelmequart, fils de Himilkal, fils de Abdechmoun.
Ne pas [ouvrir ce tombeau]. »
Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes » [17] ou du « pays de Massalia » [18]
Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des Cavares [19] . Strabon, le géographe grec, parle d'elle comme l’une des plus importantes ville de la région [10] . Un trésor d'oboles massaliotes, daté du II e siècle av. J.-C. a été mis à jour en 1824 lors du creusement des fondations de l'Opéra sur la place de l'Horloge. C'est à cette même époque que le monnayage avignonnais imite celui de Massalia. Sur un côté est frappée la tête d'Apollon, sur l'autre une roue ou un sanglier surmontant les lettres A. O. Y. E., abréviation d'Aouenion [20] .
A l'arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares, alliés des Massaliotes, deviennent ceux de Rome. Passée sous domination de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.), puis de la 2 e Viennoise. Avignon reste « ville fédérée » de Marseille jusqu'à la conquête de la cité phocéenne par C. Trébonius et Décimus Junius Brutus, lieutenants de César, elle devient alors une cité de droit latin en 49 av. J.-C [21] . Elle acquiert le statut de colonie latine en 43 av. J.-C.. Pomponius Mela la place parmi les villes les plus florissantes de la province [22] .
Des remparts sont construits autour de la ville dès le premier siècle (les Romains, lancés à la conquête de la Gaule, font d'Avignon une ville fortifiée), la ville couvre alors 46 hectares et a une population de près de 25 000 habitants [21] . Le forum romain est sur l’actuelle place de l’Horloge.
Au cours des années 121 et 122, l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à cette dernière cité le statut de colonie romaine : « Colonia Julia Hadriana Avenniensis » et ses citoyens sont inscrits dans la tribu.
À la suite du passage de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes, paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite. Il a été daté par dendrochronologie de l'an 290. Au III e siècle, il existe une petite communauté chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra l’abbaye Saint-Ruf.
Haut Moyen-Âge
Si la date de la christianisation de la cité n'est pas connue avec certitude et que ses premiers évangélisateurs et prélats relèvent de la tradition hagiographique, ce qui est assuré est la participation de Nectarius, premier évêque historique d'Avignon [23] , le 29 novembre 439, au concile régional dans la cathédrale de Riez auquel assistent les treize évêques des trois provinces d’Arles.
En novembre 441, Nectarius d’Avignon, accompagné de son diacre Fontidius, participe au concile d’Orange convoqué et présidé par Hilaire d'Arles, où les pères conciliaires définissent le droit d’asile. L'année suivante, avec ses lecteurs Fonteius et Saturninus, il se retrouve au premier concile de Vaison avec dix-sept évêques, représentant des Sept Provinces. il décède en 455 [24] .
Clovis, roi des Francs,
mit le siège devant Avignon en l'an 500
Les grandes invasions ont commencé et les cités de la vallée du Rhône n'y échappent point. En 472, Avignon est pillée par les Burgondes et ravitaillée par Patiens, le métropolitain de Lyon, qui lui fait parvenir du blé [25] .
En 500, Clovis 1 er , roi des Francs, attaque Gondebaud, roi de Burgondes, accusé du meurtre du père de son épouse Clotilde. Battu, celui-ci quitte Lyon et se réfugie à Avignon que Clovis assiège. Grégoire de Tours signale que le roi des Francs fit dévaster les champs, couper les vignes, raser les oliviers et saccager les vergers. Le Burgonde est sauvé par l’intervention du général romain Aredius. Il l’avait appelé à son secours contre les « barbares francs » qui ruinaient le pays.
Durant la première moitié du VI e siècle, Avignon, une des grandes cités provençales, se trouve convoitée comme toute la « Provincia » par les Goths, les Burgondes et les Francs. Elle est d’abord sous la domination d'Alaric II, roi des Wisigoths. Avec son autorisation, le 10 septembre 506, se réunit le concile d’Agde où, sous la présidence de Césaire d'Arles se retrouvent vingt-quatre évêques. Outre les dix prélats exilés de leur siège, on note l’absence de représentants de vingt-six cités dont les évêques devaient être passé à l'arianisme à l’exemple de Julianus d’Avignon.
Ce qui n’est pas pour satisfaire Francs et Burgondes. En 508-509, afin de s’emparer de la « Provincia », leurs deux armées mettent le siège devant Arles. En Italie, le roi des Ostrogoths, Théodoric, beau-frère d’Alaric II, prend les armes. Ses troupes dégagent Arles puis reprennent Avignon, Orange, Carpentras et Saint-Paul-les-Trois-Châteaux.
En 517, les Burgondes ont repris pied dans la basse vallée du Rhône. Au concile d’Épaone [26] présidé par l’évêque Avit de Vienne se retrouvent les vingt-cinq évêques sujets de Sigismond, dont Salutaris d’Avignon.
Mais Théodoric l’Amale, qui a une revanche à prendre, quitte Ravenne en 523, repasse les Alpes, Avignon et Vaison sont occupés par l’armée du roi ostrogoth. Six ans plus tard, les Burgondes reprennent d’assaut Avignon.
En 536, Avignon suit le sort de la Provence qui est cédé aux mérovingiens par Vitigès, le nouveau roi des Ostrogoths. Clotaire 1 er annexe Avignon, Orange, Carpentras et Gap ; Childebert 1 er , Arles et Marseille ; Théodebert 1 er , Aix, Apt, Digne et Glandevès. L’empereur Justinien 1 er , à Constantinople, approuve cette cession.
Les Francs ayant assis leur pouvoir avec l'assassinat de Sigismond, les évêques provençaux sous la conduite de Césaire d’Arles participent au concile national d’Orléans en 541. Antoninus d’Avignon et Clematius de Carpentras sont présents [27] .
En dépit de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue à fleurir sur les berges du Rhône [28] . Grégoire de Tours note qu’après la mort de l’évêque Antoninus, en 561, l’abbé parisien Dommole refusa l’évêché d’Avignon auprès de Clotaire I er persuadé qu’il serait ridicule «au milieu de sénateurs sophistes et de juges philosophes qui l’auraient fatigué » [29] .
C’est cette même année, le 30 novembre, que meurt le roi des Francs. Son royaume est partagé en quatre : Caribert I er devient roi de Paris ; la Neustrie est donnée à Childéric I er ; la Bourgondie revient à Gontran I er ; l’Austrasie est l’apanage de Sigebert I er . Comme l’Austrasie n’a pas de débouché vers la Méditerranée, Sigebert s’ouvre un passage. Arles tombe puis est reprise par les Burgondes ainsi qu’Avignon. Mais un « couloir austrasien » (ou vallaque) est forcé qui relie l’Auvergne à Marseille coupant en deux la Burgondie de Gondran. Ce passage perdurera trente-deux ans. Il se retrouve dans la toponymie avignonnaise avec Mondevergues (Mons Alvernicus) et Saint-Chamand (quartier d’Avignon) [30] .
Le patrice Ennius Mummolus, le général de Gondran, réside, près d’Avignon, à Machaovilla [31] . Les Lombards du roi Alboïn, qui occupent les Alpes, descendent régulièrement dans la vallée du Rhône et se livrent au pillage. Par deux fois en, 571 et 572, Mummole, le patrice de «féroce nature», les vainc.
Deux ans plus tard, ils reviennent et ravagent toutes les cités le long de l’antique voie Domitienne, pillent Apt, détruisent Machaovilla et mettent Avignon à sac. Pour se protéger la cité va s’entourer de fossés et de pièges «afin que toute la localité fut protégée par les eaux » [32] .
Mummole s’y retranche et n’hésite pas à accueillir, en 584, Gondowald, le bâtard de Clotaire 1 er , qui voulait s’installer sur le trône de Gondran. Après un long périple au côté du prétendant qui le mène durant deux ans d’Auvergne dans le Comminges, Mummole rejoint Avignon. Suite à la mort de Gondowald, en 586, le duc Gontran Boson, qui était allé chercher le bâtard à Constantinople, est arrêté par Gondran. Pour échapper à son sort il promet de capturer Mummole et met le siège devant la cité provençale. Le patrice résiste d’abord victorieusement mais décède au cours du siège. Gondran s’empare du trésor de guerre que celui-ci avait accumulé : 250 talents d’argent et plus de 30 talents d’or, soit environ 5 000 kg d’argent et 600 kg d’or que la patrice aurait découvert dans Avignon même.
Ce siècle s'achève par deux catostrophes. En 590, après un automne marqué par des orages et des inondations, la peste inguinaire, partie du port de Marseille, ravage Avignon qui perd le tiers de ses habitants et remonte dans le Vivarais. Et la crue du Rhône oblige à la réfection du pont de bois traversant le fleuve [33] .
Le VII e et le VIII e siècle sont les plus noirs de l’histoire avignonnaise. La cité devient la proie des Francs sous Thierry I er , roi d’Austrasie, en 612. Le concile de Chalon-sur-Saône est le dernier qui, en 650, indique une participation épiscopale des diocèses provençaux. À Avignon, il ne va plus y avoir d’évêque pendant 205 ans, le dernier titulaire connu étant Agricol [34] .
Après la défaite de Poitiers, en 730, les troupes d’Abd al-Rhamân refluent par la vallée du Rhône vers les côtes méditerranéennes. Les armées franques les poursuivent, prennent Avignon, en 737, égorgent une partie de sa population puis rentrent en Septimanie, l’actuel Languedoc. Les troupes sarrasines sont dispersées à Montfrin puis écrasées sur le plateau de Signargues, près du Pont du Gard. Horrifié par les exactions des Francs, le patrice provençal Moronte sollicite l’aide des Sarrasins qui reviennent en alliés à Avignon et Marseille [35] . Pour les déloger, en 739, Pépin, le fils de Charles Martel, fait appel à Liutprand, le roi lombard, qui arrive par les cols des Alpes. Les deux cités sont prises d’assaut et mises à sac par les Francs et les Lombards. Leur population est exterminée [36] .
Gérard de Roussillon, gouverneur de Provence et héros de la «
Chanson de Roland »
Après ce désastre, le milieu du IX e siècle marque un léger renouveau dans l’histoire d’Avignon et de son diocèse. En 853, le noble Gaucelin et son épouse donne à l’Église d’Avignon et à son évêque Ragenutius le prieuré Sainte-Marie de Jonquerettes et tous leurs biens « dans le comté d’Avignon ». La sureté de cette place forte est à nouveau reconnue puisque Gérard de Roussillon, gouverneur de Provence et héros de la « Chanson de Roland », s’y réfugie après sa défaite face aux armées de Charles le Chauve. Il y meurt en 873.
Un gouvernement centralisé est mis en place et en 879, l’évêque d’Avignon, avec tous ses collègues provençaux, se rend au plaid de Mantaille, en Viennois, où Boson 1 er est élu roi de Provence [37] .
Le Rhône peut à nouveau être franchi puisqu’en 890, une partie de l’antique pont d’Avignon est restauré dont la pile n° 14 près de Villeneuve. Cette même année, Louis, fils de Boson, succède à son père. Son élection a lieu au plaid de Varennes, près de Mâcon, et Teutbert, qui a été son plus efficace soutien, devient comte d’Apt. En 896, il agit comme plénipotentiaire du roi à Avignon, Arles et Marseille avec le titre de « gouverneur général de tout le comté d’Arles et de Provence ». Deux ans plus tard, à sa demande, le roi Louis fait don de Bédarrides au prêtre Rigmond d’Avignon.
Le 19 octobre 907, le roi Louis, devenu empereur et aveugle [38] , restitue à Remigius, évêque d’Avignon, une île sur le Rhône. Cette charte porte la première mention d’une église cathédrale dédiée à Marie [39] .
Le 16 mai 908, alors qu’il se trouve à Vienne, Louis l’Aveugle, par une charte conservée dans le cartulaire de Notre-Dame des Doms, donne cette fois à Remigius et à sa cathédrale tout le territoire compris entre la Sorgue et le Rhône [40] .
Sur proposition de ses deux lieutenants, le comte Hugues d’Arles et le comte Theutbert d’Apt, le 4 avril 912, Louis l’Aveugle remet à Fulcherius, le nouvel évêque d’Avignon, plusieurs églises de son diocèse et y ajoute le terroir de Bédarrides [41] .
L’année suivante, l’évêque d’Avignon, reçoit du même l’église des saints Côme et Damien, avec ses vignes, près de Châteauneuf-Calcernier, ainsi que le port et le « Castrum de Léris» [42] .
Le 2 mai 916, Louis l’Aveugle restitue au diocèse d’Avignon les églises de Saint-Ruf et de Saint-Géniès. Le même jour, l’évêque Fulcherius teste en faveur de ses chanoines et des deux églises Notre-Dame et Saint-Étienne formant sa cathédrale [43] .
Dans l’église Saint-Laurent d’Avignon, en 919, Laudoin et son épouse Eiglenracle font donation à la cathédrale et à l’église Saint-Pierre sises en cette cité, d’un domaine comprenant Lirac avec son église Saint-Pierre et leur villa de l’Arbre avec son église Saint-Laurent [44] .
Un évènement politique d’importance a lieu en 932 avec la réunion du royaume de Provence et de celui de Haute Bourgogne. Cette union forme le royaume d’Arles dont Avignon est l’une des plus fortes cités.
En dépit de leur défaite à Poitiers et à Signargues, les Sarrasins étaient revenus et après avoir conquis le Fraxinet [45] s’étaient installés dans les Alpes durant tout le X e siècle.
Carte du Royaume d'Arles qui sera rattaché au Saint Empire romain germanique en
1003 En 972, dans le Valais suisse, ils pillent Saint-Maurice d’Agaune et dévastent le prieuré bénédictin du « Col Pœninus » [46] . Dans la nuit du 21 au 22 juillet, ils font prisonnier dom Mayeul [47] , l’abbé de Cluny, qui revenait de Rome. Ils demandent pour chacun une livre de rançon, soit 1 000 livres, une somme énorme, qui leur est rapidement payée. Maïeul est libéré à la mi-août et retourne à Cluny en septembre.
En septembre 973, Guillaume et son frère Roubaud, fils de Boson II, mobilisent, au nom de dom Maïeul, tous les nobles provençaux. Avec l’aide d’Ardouin, marquis de Turin, au bout de deux semaines de siège, les troupes provençales chassent les Sarrasins de leurs repaires du Fraxinet et de Ramatuelle, puis de celui de Peirimpi, près de Noyers, dans la vallée du Jabron. Guillaume et Roubaud y gagnent leur titre de comtes de Provence. Le premier siège à Avignon, le second à Arles.
En 976, alors que Bermond, beau-frère d’Eyric [48] , est nommé vicomte d’Avignon par l’empereur Conrad le Pacifique, le 1 er avril, le cartulaire de Notre-Dame des Doms d’Avignon indique que l’évêque Landry restitue aux chanoines de Saint-Étienne des droits qu’il s’était injustement approprié. Il leur cède un moulin et deux maisons, qu’il avait fait construire à leur intention sur l’emplacement de l’actuelle tour de Trouillas du palais des papes. En 980, ces chanoines sont constitués en chapitre canonial par l’évêque Garnier.
En 994, dom Maïeul arrive à Avignon où se meurt son ami Guillaume le Libérateur. Il l’assiste dans ses derniers moments dans l’île faisant face à la cité sur le Rhône. Le comte a comme successeur le fils qu’il avait eu de sa seconde épouse Alix. Celui-ci va régner en indivision avec son oncle Roubaud sous le nom de Guillaume II. Mais en face du pouvoir comtal et épiscopal, la commune d’Avignon s’organise. Vers l’an mil, il existe déjà un proconsul Béranger qui nous est connu, avec son épouse Gilberte, pour avoir fondé une abbaye au « Castrum Caneto » [49] .
Le royaume d’Arles, en 1003, est rattaché au Saint Empire romain germanique. Le Rhône désormais est une frontière qui ne peut être franchie que sur le vieux pont d’Avignon.
Bas Moyen Âge
[modifier] Siège d'Avignon en
1226 (sur la gauche), Mort de Louis VIII le Lion et couronnement de Louis IX (sur la droite)
Après le partage de l’empire de Charlemagne, Avignon, comprise dans le royaume d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne, fut possédée en commun par les comtes de Provence et de Forcalquier, puis par ceux de Toulouse et de Provence.
Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant sa voisine Arles)
1209, concile d'Avignon avec une deuxième excommunication pour Raymond VI de Toulouse. [50]
Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le 9 septembre 1226 [50] .
Fin septembre, soit peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII, Avignon connu des inondations.
En 1249, elle s’érigea en une république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en croisade.
Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des marquisat et comté de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse (1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville.
La papauté d’Avignon
[modifier] Article détaillé : Papauté d’Avignon. Transfigurée par les papes au XIV e siècle, la cité rhodanienne a résisté aux assauts du temps. Églises, palais et couvents composent un décor médiéval spectaculaire et parfaitement conservé.
Avignon est connue comme ancienne cité papale. En 1309, sous le pape Clément V (ex-archevêque de Bordeaux), Avignon devint la résidence des papes, déjà possesseurs du comtat Venaissin ; elle fut vendue le 9 juin 1348 à Clément VI par Jeanne I re de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Au total ce sont neuf papes — dont deux schismatiques — qui vont se succéder dans le palais des Papes et enrichir celui-ci au fil des pontificats. À la fois forteresse et palais, la résidence papale est construite entre 1334 et 1363. Elle sera pendant près d'un siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Sept papes et deux anti-papes s'y succédèrent.
La cour bouillonne et attire un grand nombre d'immigrants : marchands, peintres, sculpteurs, musiciens...
En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les grandes compagnies à distance. Ces bandes de pillards épargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent à Rome, les siècles passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, [les remparts] pourraient résister quelque temps. » Il a même été question un moment de les démolir. On les avait déjà percés : ils comptaient en effet 7 portes à l'origine, fermées la nuit et réduites à 4 vers le XVI e siècle. On en compte aujourd'hui 29, étroites poternes et brèches incluses. Les murs actuels (4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent édifiés à la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protéger des bandes de pillards qui écumaient la région. Au XIX e siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservée, cette muraille basse à mâchicoulis ensère le cœur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a élu domicile.
Urbain V prendra le premier la décision de retourner à Rome au grand bonheur de Pétrarque, mais la situation chaotique qu’il y trouve et les différents conflits l’empêche de s’y maintenir. Il meurt très peu de temps après son retour à Avignon.
Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d’Avignon. Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.
Temps modernes
[modifier] À la mort de l’archevêque d’Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV de Rome réduisit le diocèse d’Arles : il détacha le diocèse d’Avignon de la province d’Arles, l’érigea en archevêché et lui attribua comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison-la-Romaine. [51]
En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d’Orange [52] .
Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine [53] . La cour y séjourne trois semaines.
1618, exil de Richelieu à Avignon. [54]
La ville reçut la visite de saint Vincent de Paul en 1607 et celle de saint François de Sales en 1622. [51]
En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul la cité.
Ultérieurement, Avignon, comme capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu’à la Révolution française.
Au début du XVIII e siècle, les rues d'Avignon sont toujours étroites et tortueuses, mais le bâti se transforme et des maisons remplacent petit à petit les anciens hôtels. Autour de la ville, plantations de muriers, vergers et prairies. [55]
Anecdote fiscale : c’est le Rhône qui déterminait la frontière entre les terres pontificales et le royaume de France. Mais le fleuve était considéré comme territoire français. Lorsque les crues inondaient les bas-quartiers d’Avignon, les collecteurs d’impôts royaux venaient donc en barque prélever les impôts dus à la couronne.
La Révolution française et le XIX e siècle
[modifier] Le 12 septembre 1791, l’ Assemblée nationale constituante vota l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, suite à un référendum soumis aux habitants dudit Comtat.
Les 16 et 17 octobre 1791, ont lieu les massacres dits de la Glacière. Une soixantaine de personnes sont sommairement exécutées dans une tour du Palais des Papes, après le lynchage par la foule d'un administrateur municipal soupçonné à tort de vouloir saisir les biens des églises.
Le 7 juillet 1793, les insurgés fédéralistes du général Rousselet entrent à Avignon [56] . Lors du passage de la Durance pour la prise de la ville par les troupes marseillaise, une seule personne sera tuée, Joseph Agricol Viala. [57] Le 25 juillet, le général Carteaux se présente devant la ville qui est abandonnée le lendemain par les troupes du général Rousselet [58] suite à une erreur d'interprétation des ordres venus de Marseille [59]
Bateaux à Avignon. Dessin de T. Allom, gravure de E. Brandard.
À la création du département du Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette réunion fut confirmée en 1797 par le traité de Tolentino. Le 7 vendémaiaire an IV, le chevalier de Lestang s’empare de la ville pour les royalistes, avec une troupe de 10 000 hommes [60] . Le représentant en mission Boursault reprend la ville, et fait fusiller Lestang.
Pendant la Révolution et en 1815, Avignon fut le théâtre de déplorables excès de la Terreur blanche. Le 2 août 1815, le maréchal Brune y est assassiné.
Le 18 octobre 1847, ouverture de la ligne Avignon - Marseille par la Compagnie du chemin de fer d'Avignon à Marseille. [61]
1856, une crue exceptionnelle de la Durance inonde Avignon. [62]
XX e siècle
[modifier] Plan du palais des Papes en 1914.
Le XX e siècle connaitra un important développement de la ville. Entre 1920 et 1975, la population a pratiquement doublée malgré la cession du Pontet en 1925 et la deuxième guerre mondiale.
Septembre 1947, première édition du futur Festival d'Avignon.
Le 11 novembre 1948, Avignon reçoit une citation à l’ordre de la division. Cette distinction comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent. [63]
Héraldique
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| | Les armes d'Avignon se blasonnent ainsi: de gueules, à trois clefs d’or, posées en fasce En ornements extérieurs (non représentés ici) l’écu est supporté par deux gerfauts. Sa devise est Unguibus et rostro [64] qui signifie littéralement « à bec et à griffe », équivalent de l’expression française « bec et ongles » |
« À Avignon » ou « en Avignon » ?
[modifier] Utilisation lexico-syntaxique, deux explications peuvent être données. [65]
- Historique : Certains prétendent qu’existerait une convention dans la langue française voulant que l’on désigne une localisation dans la ville en utilisant la préposition « en » au lieu de « à » : Mireille Mathieu est née en Avignon. Ils attribuent communément cet usage au fait qu’Avignon était la capitale d’un territoire qui n’est devenu français qu’en 1791 et qu’on y faisait référence comme un pays étranger. Par exemple, on dit « en Anjou » mais « à Angers ». L’usage aurait continué après le rattachement d’Avignon à la France. En réalité « en Avignon » désignait autrefois le Comtat d’Avignon, c’est-à-dire la province des États pontificaux, « à Avignon » a toujours désigné la ville, tout comme « au (en + le) Luxembourg » désigne l’État, « au Québec » désigne la province ; « à Luxembourg », « à Québec », désignent les villes.
- Linguistique : dans le dialecte provençal de la langue occitane, il existe l’expression en Avinhon / en Avignoun (à Avignon, dans Avignon) mais aussi anar a(n) Avinhon / ana à-n-Avignoun (aller à Avignon) (selon le dictionnaire de Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige). Cette particularité d’usage s’applique également à la ville d’Arles, sans la raison historique évoquée pour Avignon, mais à cause de la langue provençale. Par exemple : Mai, per lo saussissòt... a(n) Arle lo pompon ! / Mai, pèr lou saussissot... à-n-Arle lou poumpoum ! (extrait d’un poème sur le saucisson d’Arles).
En français, cet usage du « en » est jugé pédant par certains et grammaticalement incorrect.
En effet son usage n'est pas recommandé par l'Académie française car il n'est pas justifié que l’on dise « en Avignon » (ou « en Arles ») alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne de dire « en Annemasse », « en Albi », « en Amsterdam » ou « en Atlanta ».
L'usage d'une langue ne se décrétant pas, et malgré les préconisations de l'Académie française, l'expression "en Avignon" continue à être utilisée par une partie de la population et de la presse, compte-tenu des pratiques historique et linguistique précitées.